Se souvenir de Meehan

1LT Thomas Meehan III, 0-437484
Compagnie E, 506e Régiment d’Infanterie Parachutiste (PIR)
101e Division Aéroportée

Meehan L’Homme

Né le 8 juillet 1921, Thomas Meehan III était un artiste dès ses débuts. Beau et intelligent, il se forme à la Philadelphia School of Industrial Art pour devenir artiste commercial, mais la guerre intervient.

Toujours bon cavalier, il rejoignit la Cavalerie alors qu’elle était encore montée, mais se retrouva dans un char, pas tellement à son goût.

Lorsque l’occasion s’est présentée d’entrer dans le 506e Infanterie parachutiste nouvellement formé, il a fait le changement. Meehan est brièvement affecté à la Compagnie B avant de remplacer le capitaine Herbert Sobel en tant que Commandant de la Compagnie E, 506th, à la fin de 1943, environ six mois avant l’invasion de la Normandie. Le nom de sa femme : Anne. Le nom de sa fille : Barrie.
Une des dernières lettres accueil:

“Angleterre, 26 mai 1944 Très chère: Eh bien, je vois dans les journaux que la tête de pont d’Anzio n’est plus ça, et que Cassino est tombé. On dirait “on ne perd pas”. En regardant les sombres jours de ’40-’41-’42, il ne semble guère possible que nous ayons dû venir aussi loin. Ce furent des années sombres et nous, aux États-Unis, nous ne nous en sommes guère rendu compte. Maintenant, la chaussure est sur l’autre pied et la guerre a probablement été décidée en Europe. Pourtant, d’une certaine manière, je m’interroge sur cette “paix” comme tous les écrivains la décrivent. Je crains d’être un pessimiste qui ne croit guère à la réalisation que toute paix sera un compromis, pas éternelle. Je suppose que les gens, étant tels qu’ils sont, ont pensé et essayé la paix mondiale pendant des milliers de siècles, mais la guerre, comme le chat indésirable, revient. Tout ce que nous voulons, c’est notre mode de vie et toutes les poignées de main et les reculs dans le monde ne changeront pas nos idées pour nous conformer à celles des autres. La question n’est pas: “Comment pouvons-nous assurer une paix permanente”, mais “comment pouvons-nous avoir la paix pour le maximum de temps et être toujours nous-mêmes, inébranlablement?” Naturel, humain, inévitable. Et ainsi, génération après génération a son jour de ramper dans la saleté et d’extraire la vie d’un autre joker qui ne voulait que la paix, mais une marque différente de celle-ci. Nous avons la chance d’être américains. Au moins, on ne marche pas sur l’outsider. Je me demande si c’est parce qu’il n’y a pas d ‘”Américains” – seulement un ragoût d’immigrants, ou si c’est parce que la terre d’où nous existons a été si gentille avec nous et nos ancêtres: ou si c’est parce que l ‘”Américain” est la progéniture de l’Européen logique qui détestait l’oppression et aimait la liberté au-delà de la vie. Ces grandes montagnes et les grands bois; les lacs profonds et les larges rivières fraîches; les vallées verdoyantes et les fermes blanches; l’air, la mer et le vent; les plaines et les grandes villes; l’odeur de la vie — tout doit en être la cause. Et pourtant, avec tout cela, nous ne pouvons pas nous éloigner du reste. Pour tous ceux de nos millions qui ont ce trésor dans la main, il y en a un autre million qui pleure pour cette victoire de la vie. Et pour chacun de nous qui veut vivre dans le bonheur et donner le bonheur, il y a une autre sorte de personne différente qui veut l’enlever. Ces personnes parviennent toujours à avoir leur mot à dire, et Mars est toujours à portée de main. Nous savons comment gagner des guerres. Nous devons apprendre maintenant à gagner la paix. Mettez notre nez dans les affaires du monde. Apprenez la politique ainsi que le meurtre. Que le monde accepte la paix, qu’il le veuille ou non. Voici la colombe et voici la baïonnette. Puissions-nous ne plus jamais voir le jour où les “Chemins de paix mondiaux” et les organisations similaires ternissent nos sens et nous rendent tout sauf réalistes. Si jamais j’ai un fils, je ne veux pas qu’il revienne, mais je veux qu’il soit assez puissant pour que personne ne soit assez idiot pour le toucher. Lui et l’Amérique devraient être forts comme l’enfer et gentils comme Christ. C’est la seule assurance jusqu’à ce que la nature humaine devienne une chose tangible qui puisse être ajustée et rendue réalisable.”Thomas Meehan, III

“Il A brûlé Pendant Trois Jours”

Le 5 juin 1944, le 1er lieutenant Thomas Meehan, commandant de la 101e Compagnie aéroportée Easy, est monté à bord d’un avion de transport C-47 à destination de la France avec l’intention de parachuter en Normandie et de combattre dans l’Invasion alliée de l’Europe occupée par les Nazis.

Dans l’avion avant le décollage, le lieutenant Meehan a écrit un petit mot à sa femme, puis l’a remis à un ami, qui a promis qu’il serait livré. La note disait :

“Chère Anne : Dans quelques heures, je vais emmener en France la meilleure compagnie d’hommes du monde. On va donner l’enfer aux salauds. Étrangement, je n’ai pas particulièrement peur. Mais dans mon cœur est un désir formidable de vous tenir dans mes bras. Je t’aime Chérie – pour toujours. Ton Tom.”

Dans l’avion #66, il y avait 17 parachutistes dans le “bâton” du commandant (y compris Meehan) et 5 membres d’équipage de conduite.

L’avion transportait également un compliment complet de torpilles Bangalore, chacune emportant jusqu’à 85 livres de TNT. Décollage de l’aérodrome d’Upottery dans le Devonshire, en Angleterre, Lt. Harold Cappelluto pilotait l’appareil et dirigeait la formation, suivi de près par un avion piloté par le lieutenant Frank Deflita.

Le lieutenant Frank Deflita se souvient : ” Alors que nous survolions la Normandie, les chars antiaériens de la DCA (chars antiaériens) ont commencé à nous tirer dessus et l’avion d’Harold a été touché à plusieurs reprises. Je voyais des éclats d’obus passer directement dans son avion. Après avoir maintenu sa trajectoire et sa vitesse pendant un certain temps, l’avion a quitté la formation et a lentement amorcé un virage à droite. Je l’ai suivi des yeux et j’ai remarqué que ses feux d’atterrissage s’allument, je pensais que ça allait aller. Puis soudain, il s’est écrasé sur une haie et a instantanément explosé.”

Henry Margerie, un jeune garçon de l’époque mais qui deviendra plus tard maire du village normand de Beuzeville au Plain, fut témoin de l’événement.

Il se souvient : “Alors que nous nous réveillions devant des tirs de Flak et des avions survolant la zone, j’ai vu un avion près du village qui semblait en difficulté et qui tentait d’atterrir. Je l’ai perdu de vue pendant un bref instant, puis j’ai entendu une forte explosion. L’avion s’était écrasé sur une haie bordant un champ près du village. Il a brûlé pendant trois jours, et la chaleur créée par le feu nous a empêché de nous approcher.”


Photo du CPL Forrest Guth, E Co, 506e PIR

Personne ne savait alors de quel avion il s’agissait.

Le pilote, le 1LT Harold Capelluto, est la seule personne issue du crash de l’avion #66 à être enterrée au Cimetière américain de Colleville-sur-Mer.

1LT Meehan a été enterré avec 20 autres personnes à Ste. Simple-Eglise.

Il faudrait un certain temps avant que le 506e Régiment d’Infanterie Parachutiste puisse comprendre exactement ce qui est arrivé au commandant de la Easy Company, à ses hommes ou à l’avion #66. Il a fallu 8 ans (1952) avant que des restes humains du site de l’accident ne soient ramenés chez eux et enterrés aux États-Unis. Il a fallu 47 ans (1991) avant que certains détails de l’accident ne soient confirmés, car le site de l’accident a de nouveau été examiné et plusieurs objets personnels ont été récupérés. Il a fallu encore 9 ans (2000) avant qu’un mémorial ne soit construit et dévoilé.
Un Mémorial adapté

Extrait de “The Forced Landing Association Newsletter”

“47 des années plus tard, mon ami Jean Pierre de l’Association de Débarquement Forcé et moi avons rencontré Mr. (Henry) Margerie (Maire de Beuzeville au Plain) lors d’un de nos voyages d’enquête. M. Marjorie nous a fait un compte rendu de l’atterrissage forcé du 6 juin et nous a montré précisément où il a eu lieu. Après avoir consulté les archives américaines “Missing Air Crew Report”, nous avons pensé qu’il s’agirait des restes de l’avion #66 qui transportait le Commandant et le personnel de la Compagnie “E”. En cherchant sur le site, nous sommes arrivés à la conclusion que nous redoutions. En creusant les crochets des parachutes dans les cendres, nous avons remarqué qu’ils étaient toujours verrouillés. Aucun des occupants de l’avion n’avait réussi à s’échapper de l’accident et à sauter. Des cendres qui ont été empilées sur la haie jusqu’à 80 cm (32 pouces) de haut, nous avons sorti des étiquettes de chien, des grillons, des bagues et une montre. Les aiguilles de la montre s’étaient arrêtées à 01h12, cela n’a fait que renforcer ce que nous savions de la force de l’impact. Parmi les débris, nous avons également trouvé un casque qui avait été complètement aplati. La scène avait un tel pouvoir émotionnel sur nous que nous avons décidé avec M. Margerie d’ériger une stèle (monument) à la mémoire de l’équipage courageux dont le destin avait été de mourir avant même le début de la bataille.” Par Guy Leprêtre

Bernard Laniepce, qui vit à Beuzeville au Plain, et Jean Pierre, président de l’Association du Débarquement Forcé, travaillent sur le Monument de Beuzeville au Plain.

Les membres de l’Association du Débarquement Forcé Jean Pierre et Guy Leprêtre construisent le Monument de Beuzeville au Plain. Le monument a la forme d’un gouvernail C-47.

Le samedi 3 juin 2000, à 11h, un mémorial a été dévoilé, en hommage aux cinq aviateurs du 439e Transport de Troupes, 91e Escadron et aux 17 parachutistes du 506e Régiment de la 101e Airborne, 2e Bataillon, Compagnie E qui avaient perdu la vie au nom de la liberté.

Jason O’Mara a assisté à la cérémonie et photographié les débats:


Plein de couleurs, des hymnes nationaux français et américains et une dédicace.


Maj. Cosby, Edward Peters, III (fils du CPT Edward Peters, QG du REGT, 506e PIR, KIA 6 juin 1944, Normandie) était l’attaché d’ambassade militaire (Troisième à partir de la droite, face à la caméra), parlant à Guy Lepretre (deuxième à partir de la gauche, dos à la caméra).


Les événements du matin ont été enregistrés pour être inclus dans un film documentaire intitulé “Ce jour-la.”



” Qu’aucun vandalisme d’avarice ou de négligence, aucun ravage du temps, ne témoignent du présent ou des générations à venir, que nous avons oublié, en tant que peuple, le coût d’une République libre et indivise.”- John A. Logan

Addendum:
World Peaceways: Un groupe de paix américain fondé en 1932 par Mme Estelle Miller Sternberger. La campagne publicitaire controversée du groupe contre la guerre comprenait une page de magazine représentant une image d’un vétéran handicapé, avec la légende: “Bonjour Sucker!” Source : Time Magazine, “Religion: PeacePlans “, 16 mars 1936.

L’Association du Débarquement Forcé est une organisation basée en France et en Belgique dédiée à ” honorer la mémoire des aviateurs alliés qui se sont écrasés en France pendant la Seconde Guerre mondiale.” M. Guy Leprêtre dirige le bureau belge et M. Jean Pierre dirige le bureau français. Pour plus d’informations, rendez-vous à: http://forcedlanding.pagesperso-orange.fr/index.htm

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