Lost in the Movies: Mad Men – “Red in the Face” (saison 1, épisode 7)

Bienvenue dans mon journal de visionnement pour Mad Men. La plupart du temps (sauf le samedi), je propose une courte critique d’un autre épisode jusqu’à la conclusion de la première saison. Les saisons ultérieures seront couvertes à un autre moment. Je n’ai jamais vu cette série auparavant donc il n’y aura PAS de spoilers.
Récit (diffusé le 30 août 2007 / écrit par Bridget Bédard ; réalisé par Tim Hunter) : Cet épisode est rouge partout: Les soliloques sans fin de Roger sur les rousses, la rousse Joan qui le détourne pour un plan de week-end, Betty (face rouge de la honte) giflant la rousse Helen (face rouge de la gifle), et beaucoup de discussions sur l’appât rouge (c’est un épisode très axé sur la Russie, entre les discussions sur la vodka, les campagnes de dénigrement anticommunistes et la cosmonaute martyre Laika). L’équipe de Sterling-Cooper prévoit de travailler pour Nixon, notoirement anti-Rouge, contre le “garçon” catholique Kennedy (dont le licenciement par l’ancienne génération unit Pete et Don, subtilement énervés mais par ailleurs mutuellement antagonistes). Enfin, la farce élaborée de Don sur Roger l’oblige à monter vingt-trois volées d’escaliers, après un déjeuner chargé d’alcool et d’huîtres, jusqu’à ce que le vieil homme soit rouge au visage d’épuisement, vomissant sur le tapis devant l’équipe Nixon choquée et crispée. C’est une revanche pour Roger qui fait une passe chez Betty après avoir subtilement finaglé une invitation pour un dîner de fin de soirée (jamais l’homme-patron lisse n’a semblé aussi pathétique). Pete, quant à lui, fait une tentative beaucoup moins intelligente / réussie pour compenser sa propre émasculation. Après une rencontre dégradante avec un employé du service à la clientèle indifférent, dans laquelle ses tentatives de rendre une indulgence domestique de son mariage sont interrompues par la tentative de flirt beaucoup plus réussie d’un vieil ami, Pete achète au hasard un fusil et le transporte dans le bureau. Cela exaspère sa femme, désole ses pairs et effraie Peggy. Si Roger patauge avec son comportement rustre et indiscipliné et que Don mijote silencieusement sous le pouce de Roger avant de calculer un méchant comeuppance, un Pete couvé rejette et accepte implicitement sa propre incapacité, fantasmant en sachant que lui et lui sont complètement ridicules.
Ma réponse:
Le fil à travers la palette de couleurs (verbale ou visuelle) et l’action de l’intrigue est l’humiliation, un jeu en constante évolution de qui met l’autre en place. Dans la plupart des cas, la compétition est définie en termes de normes et d’attentes de genre, en particulier masculines, comme indiqué ci-dessus, avec divers tropes en jeu: le patriarche dominant, l’alpha affirmé, l’opérateur lisse, le flirt léger, le solitaire autonome, l’aîné autoritaire. L’âge est un autre facteur clé créant des frictions…si les hommes plus âgés ont plus de pouvoir pour contrôler ouvertement la situation, les hommes plus jeunes sont souvent plus habiles de manière à rendre leurs supérieurs faibles (bien que Pete ne puisse pas non plus gérer). Cela joue comme un précurseur du défi vigoureux de Kennedy à un Nixon bâclé dans le débat TÉLÉVISÉ quelques mois plus tard, même si ces deux hommes n’étaient en fait que quatre ans d’intervalle. La jeunesse est une arme à double tranchant, surtout quand la femme est jeune…Roger peut louer l’ensemble des moins de trente ans dans une scène précoce, mais il n’y a pas la moindre trace de respect dans cet éloge. Don infantalise fréquemment Betty, la blâmant même pour l’attention indésirable de Roger (tout en bouillonnant en privé sur l’imposition de Roger, bien que plus d’un point de vue possessif que sympathique, voire protecteur). De même, bien qu’il n’exploite pas entièrement l’avantage (encore), la seule personne sur laquelle Pete peut rassembler une autorité est Peggy, dont il propose de lire le travail alors qu’elle fait ses premières incursions timides dans l’arène vicieuse des créatifs de Sterling-Cooper. Tout cela nous rappelle que, rétrospectivement, l’après-guerre / avant les années soixante peut sembler une époque où “les hommes étaient des hommes” sans aucun doute, mais ce n’était pas du tout le nombre d’hommes qui le percevaient à l’époque. Comme le dit le discours de Pete et de nombreux autres moments le suggèrent, l’esprit professionnalisé, psychologisé et domestiqué des années cinquante ressemblait déjà à un compromis décroissant pour beaucoup dans ces costumes en flanelle grise. Mad Men se livre parfois à un brillant des derniers jours, mais dans des épisodes comme celui-ci, l’écart béant entre l’archétype et l’expérience, et la propre perception des personnages de ce glissement, est palpable.

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