Le rapport M-103 fait peu de recommandations sur l’islamophobie

OTTAWA — Le rapport découlant de la motion anti-islamophobie des libéraux, M-103, a été rendu public jeudi et demande un plan d’action national sur le racisme et la discrimination religieuse, une meilleure collecte de données sur les crimes haineux et une formation sur la sensibilité culturelle pour les forces de l’ordre.

Mais le rapport, intitulé “Agir contre le racisme systémique et la discrimination religieuse, y compris l’islamophobie”, ne fait presque aucune recommandation ciblant spécifiquement l’islamophobie, malgré des mois de controverse sur l’utilisation de ce terme dans la motion déposée par la députée libérale Iqra Khalid en décembre 2016.

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Le rapport recommande que Jan. 29 ” être désignée comme Journée nationale de commémoration et d’action contre l’islamophobie et d’autres formes de discrimination religieuse “, en réponse aux demandes de groupes musulmans après que six fidèles musulmans ont été tués dans une fusillade dans une mosquée de Québec le 21 janvier 2012. 29, 2017. À l’occasion du premier anniversaire de l’attaque, le Premier ministre Justin Trudeau a fait une déclaration sur la fusillade et l’importance de lutter contre l’islamophobie, mais n’a pas déclaré la journée journée d’action nationale. La semaine dernière, le ministère du patrimoine a déclaré au Post que le gouvernement “avait reçu et pris note de la proposition” du Conseil national des musulmans canadiens.

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Sur les 30 recommandations, une seule mentionne spécifiquement l’islamophobie, et seulement pour dire que le gouvernement devrait “condamner activement le racisme systémique et la discrimination religieuse, y compris l’islamophobie.”

Le rapport ne recommande pas la création de nouvelles lois. M-103 lui-même est une motion, pas une loi.

Nous n’avons pas besoin que le gouvernement supervise tous les aspects de la vie canadienne.

Le député conservateur David Anderson

La motion initiale, qui demandait au gouvernement de mener une étude et de proposer une approche pour éliminer le racisme et la discrimination religieuse “y compris l’islamophobie”, a suscité une tempête de controverse l’année dernière. Les conservateurs ont affirmé que la motion restreindrait la liberté d’expression parce que, selon eux, le terme islamophobie est mal défini. Au cours des audiences du comité, plusieurs témoins se sont dits préoccupés par le fait que la motion étoufferait effectivement les critiques à l’égard de l’Islam.

Mais les recommandations exposées dans le rapport M-103 ciblent le racisme et la discrimination religieuse en termes beaucoup plus larges. Le rapport suggère que le gouvernement devrait mettre à jour le Plan d’action canadien contre le racisme, publié en 2005, et l’élargir pour y inclure la discrimination religieuse. D’autres recommandations demandent au gouvernement d’établir des directives uniformes et une base de données nationale pour la collecte de données sur les crimes motivés par la haine.

Le rapport recommande également que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux examinent de plus près la comparabilité des études et des diplômes obtenus à l’extérieur du Canada, afin de lutter contre les obstacles à l’emploi. D’autres recommandations appellent à un financement accru de la recherche et à l’application de la loi pour enquêter sur les discours de haine sur Internet.

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Le rapport note que le comité a entendu des “opinions divergentes sur l’utilisation du terme islamophobie”, mais ne propose pas de définition acceptée du terme.

Dans un rapport dissident, les conservateurs mettent en doute la prémisse de l’ensemble de l’exercice, remettant en question la question de savoir si les Canadiens vivent réellement dans un ” climat public croissant de haine et de peur “, comme le stipule la motion. Leur rapport suggère que le taux de crimes haineux par habitant a diminué depuis 2009.

Les conservateurs ont également énuméré 26 définitions différentes du terme islamophobie fournies par différents témoins qui ont comparu devant le comité. “Les préoccupations soulevées, concernant les dangers d’une définition trop large, ou de tenter de condamner “l’islamophobie” sans définir quelles pensées et quelles actions sont ainsi également condamnées, étaient généralisées”, lit-on dans le rapport conservateur.

Dans leur propre liste de recommandations, les conservateurs ont appelé le gouvernement à “cesser d’utiliser le terme “islamophobie”” et à réitérer son soutien à la liberté d’expression et de religion.

Dans une interview, le député conservateur David Anderson a déclaré que les communautés et les groupes confessionnels veulent s’attaquer eux-mêmes aux problèmes de discrimination, sans ingérence du gouvernement. ” Nous n’avons pas besoin que le gouvernement supervise tous les aspects de la vie canadienne “, a-t-il déclaré. Mais il a déclaré que les conservateurs étaient d’accord avec certaines des recommandations du rapport, y compris la nécessité d’une meilleure collecte de données. “Personne ne nie que (la discrimination) existe.”

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Dans un rapport supplémentaire, les néo-démocrates ont accusé les libéraux et les conservateurs de “postures politiques” qui ont diminué le travail du comité pour lutter contre le racisme et la discrimination religieuse. Le rapport soutient que le gouvernement aurait dû être plus ouvert à changer le libellé de la motion pour inclure “une définition convenue” de l’islamophobie, mais que la “politique partisane” s’est mise en travers.

“Les gens voulaient savoir, dans le contexte de la motion, ce que signifiait le terme islamophobie et quelle était l’intention derrière”, a déclaré la députée du NPD Jenny Kwan au Post. “Nous aurions pu tous travailler ensemble pour atténuer la peur et la désinformation.”

Kwan a déclaré qu’il était logique d’inclure le terme islamophobie dans la motion, en raison de l’augmentation documentée des crimes haineux contre les musulmans. Elle croit que les parties auraient pu en arriver à une définition du terme qui aurait permis à tous les parlementaires de s’entendre à l’unanimité sur la motion. Mais dans une tentative des libéraux et des conservateurs de sembler être des côtés opposés de la question, a-t-elle dit, cela ne s’est pas produit.

M-103 a été adopté par la majorité libérale en mars dernier, dans la foulée de la fusillade à la mosquée de Québec. Tout au long des audiences de l’automne dernier, les membres du comité libéral ont souvent exprimé leur frustration de voir certains témoins se concentrer sur le libellé de la motion et ont tenté de détourner l’attention de l’islamophobie et plus largement du racisme et de la discrimination religieuse.

Anderson a déclaré que les libéraux ” comprenaient mal ” à quel point les Canadiens se sentiraient forts à l’égard de la question.

• Courriel : [email protected] / Twitter: MauraForrest

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