Brinvilliers, Marie de (1630-1676)

Empoisonneuse française. Variations de noms : Marie-Madeleine Marguerite d’Aubray, marquise de Brinvilliers. Née Marie-Madeleine Marguerite d’Aubray à Paris, France, en 1630 ; décapitée et brûlée le 16 juillet 1676; fille de Dreux d’Aubray (lieutenant civil de Paris); épouse Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers, en 1651.

De naissance noble, Marie-Madeleine d’Aubray a été décrite par les écrivains de son temps comme jolie, menue et très courtisée, avec un air séduisant d’innocence enfantine. En 1651, elle épouse l’officier de l’armée française Antoine Gobelin de Brinvilliers, alors en service dans le régiment de Normandie ; en 1659, son mari la présente à son ami Gaudin de Sainte-Croix, un beau jeune officier de cavalerie aux goûts immodérés et à la réputation de mauvaise qualité. Marie et Gaudin furent bientôt amants. Bien que l’affaire ait fini par provoquer un scandale public, le marquis de Brinvilliers, qui avait quitté la France pour échapper à ses créanciers, ne fit aucun effort pour l’arrêter. Le père de Marie, Dreux d’Aubray, s’indigne cependant et obtient l’arrestation de Sainte-Croix sur une lettre de cachet. Pendant un an, Sainte-Croix est prisonnier à la Bastille, où il aurait acquis des connaissances sur les poisons auprès de son codétenu, l’empoisonneur italien Exili. Quand il a quitté la prison, il a comploté avec sa maîtresse volontaire pour se venger de son père.

Méthodiquement, Marie commença à expérimenter les potions que Sainte-Croix préparait, peut-être avec l’aide d’un chimiste, Christopher Glaser, et elle trouva des sujets facilement disponibles chez les pauvres qui cherchaient sa charité, et les malades qu’elle visitait dans les hôpitaux. En utilisant une variété de concoctions mortelles, on dit que Marie de Brinvilliers a empoisonné plus de 50 victimes. L’un de ses poisons, aqua tofana, aurait été inventé par son homologue italien Tofana.

Pendant ce temps, Sainte-Croix, complètement ruinée financièrement, agrandit son plan initial. Il décide non seulement d’empoisonner Dreux d’Aubray, mais aussi la sœur de Marie de Brinvilliers, Thérèse d’Aubray, et ses deux frères. Avec la mort de ses proches, Marie allait entrer en possession de la grande fortune familiale. En février 1666, satisfaite de l’efficacité des préparations de Sainte-Croix et de la facilité avec laquelle les poisons pouvaient être administrés sans détection, Marie empoisonna son père, et en 1670, avec la connivence de leur valet La Chaussée, ses deux frères. Un examen post-mortem a suggéré la cause réelle du décès, mais aucun soupçon n’a été dirigé vers les meurtriers.

Avant que toute tentative puisse être faite sur la vie de Thérèse d’Aubray, Sainte-Croix meurt subitement en 1672, au cours d’une de ses expériences, peut-être par inhalation de vapeurs létales. Comme il ne laisse aucun héritier, la police est appelée et découvre parmi ses biens des papiers qui révèlent les meurtres et impliquent Marie et La Chaussée. Celle-ci fut arrêtée, torturée en aveux complets, et brisée vivante sur la roue en 1673, mais Marie de Brinvilliers s’échappa, se réfugiant d’abord probablement en Angleterre, puis en Allemagne, et enfin dans un couvent de Liège, où elle fut rattrapée par un agent de police déguisé en prêtre. Un compte rendu complet

de sa vie et de ses crimes a été trouvé parmi ses papiers. Empêchée de se suicider, elle est emmenée à Paris, où elle est décapitée et son corps brûlé le 16 juillet 1676. (Voir aussi l’article intitulé français “Sorcières.”)

lectures suggérées :

Roullier, G.La. Marquise de Brinvilliers. Paris, 1883.

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